1996

Dernier ajout : 14 novembre 2013.

Quand on cherche à ranger un peu, voilà ce qu’on (re)trouve. Des souvenirs en vrac. Ni bons ni mauvais. Juste là, encore, au-delà du pincement. 1996, c’est un an de ma vie, avec 20% de fiction offerts. Ne me remerciez pas, c’est cadeau.
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Grenoble. Février — cadrage approximatif. Mise au point approximative. Coupe de cheveux approximative. Dans la tête aussi, c’est très approximatif. J’ai presque vingt ans. Je commence à dévisser, juste de temps en temps encore, après ce sera pire. Qui a dit qu’on n’est pas sérieux à cet âge ? Et qui a dit que c’était le plus bel âge de la vie ? Et qui a dit qu’il ne laisserait jamais dire que c’est le plus bel âge de la vie ?

Le contexte

Impossible de me rappeler les dates exactes. Certains mois sont notés au dos des planches et des photos. Le reste, je le déduis. Mais l’année, c’est sûr, c’est 1996. 1996, c’est le point de départ de tout ça. Époque Canon A1. Ilford FP4, HP5, Kodak T-max. J’ai l’impression de parler d’un autre siècle. En fait, c’est bien d’un autre siècle dont je parle. Pas un rond en poche, et le peu que j’avais, ça passait là-dedans. Les pelloches, le papier, les produits. La photo n’était pas un loisir pour les traîne-lattes de mon espèce. Et pourtant.
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J’avais commencé aux alentours de 1993 avec le Voigtländer de mon père, et sans doute aussi un Lomo qui lui appartenait. Des boitiers pourris munis d’objectifs pourris. Tirages dans le labo du Lycée Stendhal. Pourri aussi. Résultat pourri. Tellement pourri qu’il n’en reste rien. Voilà le début de l’histoire. Puis inscription trois ans plus tard au Centre Audio-Visuel de la Villeneuve, dit CAV pour les intimes, pour les initiés, dirigé à l’époque par Michel Gasarian, qui vient de réaliser un magnifique reportage sur l’univers carcéral, et qui m’apprendra que si tu aimes et que tu veux vraiment faire quelque chose dans l’intégrité et l’indépendance, n’en fait jamais ton métier. C’est ainsi que je ne suis pas devenu photographe.

Ce qu’il reste de tout ça, avant tout, ce sont des odeurs. Toutes les odeurs. Celles des produits, celles des rues. Des arbres, des lieux, de tous les lieux où j’ai mis les pieds. Et le souvenir d’un vent de folie. Dysthymie, dysphorie, hypomanie. Les mots ne manquent pas, aujourd’hui pour décrire ce vent, ce souffle-là. Mais à l’époque, qu’est-ce qu’on savait de tout ça ? Rien. Et heureusement. On ne serait peut-être pas allé jusqu’au bout.

La suite, en cinq actes

/ La grande famille
/ Lieux de vie, lieux de travail
/ Les coins, déjà
/ Le monde autour
/ Choses & autres






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