autre part noir

dimanche 9 septembre 2012, par Jean-Marc Undriener




noircir c’est la base. noircir l’origine. dehors la lumière claque par endroits. dissipe les doutes mais trop d’elle tue. ça on le sait. on le tient pour sûr

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noircir on noircit. on garde dehors le caché. le pas dit. garder pour soi la base. la base noircie. celle-là qui a mangé la face. ce reste de gueule en trop

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les mots – le vide les appelle. on en est là. on est là dedans. suspendu on tient à la langue. on parle. on en est là sur le fil. là du fil voilà. on peut tomber dans le trou creusé. fossé. fosse. on parle

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ricoche de cailloux dans la tête. caillou de la tête dans son peu d’équilibre. si on ne comprend pas tout c’est qu’on avance à rien. pas forcément rien mais tout non. c’est sûr

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cailloux dans la tête et dans des valises de mots on porte lourd. finit par peser le tout lourde charge. et les doigts violacent au bout un peu à la longue du poids de soi

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encore toujours ce mal. cette nuit. cette nuit ferme. encre cette nuit. on voit ça bien d’ici. on le voit aux ombres sous le filet maigre. lampadaire faible. cette nuit mal noire. mal lavée de noir. noir sale. ombres sales des gens gris

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la ville collée aux pieds. marche. chaleur noire. les gens là leurs voix maigres loin. leurs pas une deux une fois sur deux. à cran le trottoir régulé. une deux

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encrés de nuit leurs corps loin. couverts de noir. hachures de corps dans la nuit dense. on entend mal les voix loin. les cris. voix mal

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on prédirait que ça tombe ce noir en pluie sale fade. excuse ne plus sortir. excuse rester à la fenêtre pendu à hésiter. ça tombe sur un coin de gueule. coque dure de tout ça. de tout ce chaud dans l’os. excuse ne plus respirer. finir par pendre au bout.

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retenir. réduire. réduire à rien le peu. s’écourter

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langue morte à force de boue de mots. langue de lendemain lourd. langue lourde d’épaisseurs lourdes. langue trouée de mots comme dépassés. langue traversée de ça. plus loin on ne voit pas

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langue vide à en parler. à en creuser. dislocation ou épaisseur de pas grand chose. dehors entier tient dedans à peu de chose. donner à voir. regarder de plus loin. on ne voit pas derrière c’est plutôt ça

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on s’accroche à sa nuit comme on peut. que ça serve au moins à saigner. avec la peur toujours logée collée à la tripe de mal exister. que ça serve au moins à saigner le cirque des mots. à saigner et que ça serve et qu’on n’en parle plus

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on a peur le soir là seul. peur seul de soi à mesure. le soir au-dessus du vide qui avance c’est les mots. ça tue de vouloir sortir à petit feu. les mots ça tue de sortir. les mots. on a peur juste alors



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