b(r)ouillons de tête

mercredi 29 août 2012, par Jean-Marc Undriener







#1

c’est ce périssable qui fait peur
périr comme ça en fait
en fait c’est ça oui
sans rien dans les mains

on voit bien c’est allé lent
trop lent sans survivre
assez

on ne garde pas trace
les mots en fait c’est

en fait oui

juste pour un peu rien

on s’éteint là
c’est tout


#2

on se récupère un temps
le temps de : à nouveau

se perdre là

perdre le peu
le peu de temps
ce temps moins

la pierre dans l’os dure
dure depuis

sans doute on ne s’est
ni relevé ni rien
depuis : trop dur caillé en soi

c’est encore là
pas perdu : tout là

ce vide qui prend sa place


#3

c’est cette tête
— fait peur
gueule bonne à
ça : rien

on attend toujours trop
du reflet alors que
c’est juste vrai là
là sur l’instant, sur le coup
puis

c’est juste un renvoi
une tête éructée comme ça
en travers un peu
glisse mal

à rectifier comme improbable

l’instant d’après
c’est à nouveau
vieux avant l’âge

et après tout


#4

un temps avant la
crevaison :
vide déjà

*

mis là pour peu
qu’on y fasse rien
on reste alors

*

mendier du noir
du noir à pleines mains
tout ce que l’on donne
— jamais repris

*

on vit bas
quelques épaisseurs sous
la peau du crâne
 : en extension


#5

serre. c’est trop ce qui serre.
trop étreint par ça pourtant seul - seul ici

on ne demande pas
c’est juste. rien

trente mots suffisent
à tourner — en boucle nulle

ensemble vide l’ensemble
— vide qu’on dérange. bien

c’est juste : l’appel
se fait du mauvais pied et

trop loin du saut








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